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Les plâtriers constructeurs à sec soignent les espaces intérieurs

Coup de projecteur dans les coulisses du bâtiment sur un métier aux multiples facettes

Regula Eckert

«Ce métier requiert de la dextérité, de la logique, une bonne perception de l’espace, mais aussi le sens du travail en équipe. Ces qualités sont testées avant tout engagement lors d’un stage sur un chantier durant lequel le candidat participe à l’éventail du travail de plâtrier.» Renato Cianciulli est expert aux examens de plâtrier constructeur à sec et chef de chantier chez Caragnano et Cie. Il suit de près la formation de son apprenti de 3e et dernière année Michael Rodrigues, veillant à ce que le jeune homme acquiert les techniques de mise en oeuvre et les procédés de construction dans les règles de l’art. Parallèlement, l’école professionnelle lui dispense des connaissances théoriques sur les matériaux et les enduits (composés chimiques, propriétés physiques), les normes de mise en oeuvre, les outillages et les machines, ainsi que le dessin technique et les calculs professionnels.

Pilier de la construction

«Bien commencer un chantier est capital. Il faut être particulièrement attentif à la précision des mesures et à l’équerrage», poursuit de son côté le formateur qui reporte avec son apprenti les cotes des emplacements de parois et des cloisons au
télémètre laser, selon le plan de l’architecte. Relayant les maçons sur le chantier, les plâtriers constructeurs à sec aménagent, rénovent et décorent les espaces habitables des appartements, villas, locaux commerciaux et industriels. «Matériau aux propriétés isolantes et ignifuges, issu de la roche de gypse, le plâtre désigne à la fois la poudre produite industriellement, les apprêts et les enduits, les carreaux massifs et les éléments de construction préfabriqués. Selon son usage, il est mélangé avec de la résine, de la chaux, des minéraux, des fibres végétales ou de la cellulose, pour augmenter ses performances ou obtenir un effet décoratif», explique Stéphane Locatelli, expert à la Fédération romande des entreprises de plâtriers et peintres.

Au coeur du chantier

Le métier a fortement évolué en réponse aux nouvelles exigences énergétiques et environnementales. Les plaques de plâtre cartonné et les carreaux de plâtre innovants gagnent du terrain sur les briques de terre et de ciment. Particulièrement
prisés pour leurs qualités acoustiques, thermiques, hydrofuges et même dépolluantes, ils forment aujourd’hui l’essentiel des parois, des cloisons, des doublages, caches de gaines techniques et faux plafonds que les plâtriers sont chargés
d’installer. Il incombe également à ces spécialistes de scier et fixer les supports métalliques (rails, profilés, suspensions) sur lesquels ils vissent ou agrafent les panneaux de feutrine et les plaques de plâtre qu’ils ont prédécoupés. Pour renforcer l’isolation thermique et phonique du bâtiment, ils insèrent encore des panneaux en fibres minérales dans les doublages de cloisons et posent du polystyrène expansé sur les murs périphériques. Également spécialistes des finitions, les plâtriers lissent et apprêtent les murs et les plafonds avec des crépis et des enduits de protection ou de décoration appliqués à la main avec une taloche ou projetés par une machine à plâtre, puis tirés à la règle. Et ce n’est pas tout. Ce métier du bâtiment recèle encore des travaux d’artisanat d’art. Ces artisans réalisent des décors muraux en stuc de style vénitien (mélange de plâtre, poudre de marbre, chaux, résines). Ils restaurent aussi des ornements en staff (plâtre avec fibres végétales) tels que des moulures, corniches, colonnes, rosaces, selon diverses techniques: moulage, extrudage au gabarit, sculpture.

La main à la pâte

C’est précisément l’aspect construction qui a orienté le choix de Michael Rodrigues. «Dans ce métier on met en oeuvre des matériaux d’origine naturelle, neutres, maniables et résistants se prêtant à de nombreuses réalisations», observe le jeune apprenti, qui vient de mettre la dernière main à une paroi sandwich d’un appartement résidentiel, entièrement assemblée durant l’après-midi. Le travail est assez physique. Mais le jeune apprenti ne s’en plaint pas, bien au contraire. Des engins de levage facilitent la manutention. De plus, le travail est toujours effectué à hauteur d’homme depuis un pont ou un échafaudage mobile. «J’apprécie le mouvement et la mobilité de ce métier qui me conduit sur des sites variés. Le travail
sur les chantiers me convient tout particulièrement pour l’effervescence qui y règne», assure le jeune homme qui vient tout juste de décrocher son CFC. Par la suite, il envisage de se perfectionner dans les constructions techniques, notamment
les cloisons coulissantes et les plafonds suspendus, mais aussi d’acquérir de l’expérience dans l’ornementation. Les plâtriers constructeurs à sec peuvent compléter leur formation par un apprentissage de peintre en bâtiment en deux ans. De nombreuses entreprises cumulent ces deux spécialités du bâtiment. Après quelques années de pratique, ils peuvent entreprendre les formations professionnelles supérieures menant respectivement au brevet fédéral de contremaître, puis à la maîtrise fédérale, un atout clé pour commencer sa propre entreprise.

En savoir plus
www.frepp.ch, www.gpg.ch
20 places d’apprentissage GE et VD:
www.orientation.ch

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