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Fleuriste, l’art de sublimer les sens

À la croisée de la mode, du service et de la nature, l’apprentissage de fleuriste se décline aussi en dual. Zoom sur un métier essentiel.

Laurie Josserand

En cette matinée de février, il flotte un parfum de bohème à la boutique Fleuriot de la rue de la Corraterie, en ville de Genève. Un zeste de romantisme, des senteurs naturelles, le tout mixé avec des teintes fuchsia, orange, jaune, bleu ou vert. «Le bohème chic et le baroque sont les tendances du moment. Dans notre métier, on tient compte de la mode, note Nellia Demblon *, apprentie fleuriste de deuxième année, en formation duale. Un fleuriste propose toute une scénographie et se doit d’être attentif à l’univers du client et aux évolutions en matière de mode.» C’est justement son penchant pour tout ce qui est en vogue qui a mis la jeune femme de 20 ans sur les rails de cette profession: «Après des stages dans le commerce du détail notamment, je suis allée découvrir le domaine des fleuristes, explique-t-elle. Et il recoupe tout ce que j’apprécie: une certaine idée de l’esthétique et de la mise en scène, le service à la clientèle  et surtout la mode et ses possibilités de création.» Nellia n’est pas la seule apprentie de seconde année chez Fleuriot. Elle partage son quotidien avec Tom Walker. Tous deux apprécient d’avoir intégré la vie active en mode apprentissage: «Le dual nous permet un équilibre entre la réalité de la vie pratique et l’école, s’enthousiasme le jeune homme d’origine britannique. Sauf qu’ici chez Fleuriot, il y a tout un monde vivant qui grouille d’activités, de fragrances et de couleurs.»

La clef: les influences

Ce monde en soi, ils le découvrent petit à petit. En étant inclus dans le maximum des tâches, au fil des mois de plus en plus complexes. Dans l’atelier du sous-sol, on perçoit subrepticement les cliquetis des lames des sécateurs maniés avec brio par les fleuristes. Ici, ce sont des bouquets ronds qui sont confectionnés, là c’est un arrangement piqué pour la décoration d’un desk de réception qui est fignolé. «À notre stade d’apprentissage, notre regard mérite encore d’être aiguisé, remarque Tom. C’est pour cela que nous sommes chargés de repérer notamment dans la boutique les fleurs cassées. On découvre progressivement de nouvelles techniques avec l’avantage d’avoir toujours un filet pour pallier nos manques: l’équipe qui nous forme.» Les deux jeunes peuvent aussi compter sur le soutien de leurs mentors pour les aider à développer leur self-control afin d’accompagner au mieux les clients dans les préparatifs d’événements aussi tristes que joyeux. Le fleuriste est en effet aux premières loges de ces grands temps du cycle de la vie, et «il est de bon ton de s’adapter aux émotions des autres et à leur humeur, poursuit Tom. C’est donc bien de parfois de se soutenir entre jeunes, même si on se sait être au service des gens, pour vendre dans le but de les satisfaire et pas forcément pour créer pour soi.» Pour l’heure, un compte à rebours a commencé. Dans quelques jours, c’est la Saint-Valentin, une des plus grosses périodes pour les fleuristes. La boutique se parera davantage de rouge. Et nos deux apprentis en herbe de s’atteler aux commandes et à la réception des roses et autres végétaux.

Le CFC, un passeport pour les études supérieures

Rencontre avec Hélène Dessonnaz, étudiante à la Haute École de gestion (HEG), passée par l’École pour fleuriste de Lullier (GE).

Passer par la case apprentissage dans un cursus HES, quelle plus-value?  Grâce à mon CFC de fleuriste, je suis entrée très jeune dans le monde du travail. La formation m’a permis d’acquérir une expérience professionnelle et personnelle très enrichissante. J’ai pu faire des stages dans différentes entreprises, rencontrer des gens de tous horizons. Cette expérience ouvre l’esprit.

En quoi le fait d’avoir fait un CFC vous aide dans vos études supérieures? Avoir quelques années de plus que la plupart de mes camarades et un bagage professionnel m’ont apporté une certaine maturité et une réflexion différente. Connaître le monde du travail se révèle être un atout. Poursuivre à la HEG me permet de découvrir les fondements du management et des ressources humaines: comment gérer une boutique et une équipe, notamment. Cela ouvre des perspectives.

Que dire à un jeune apprenti qui souhaiterait poursuivre en HES?  C’est possible. Il ne faut pas hésiter si on a envie de poursuivre ses études. Il faut toutefois être conscient de l’investissement personnel. Avoir confiance en soi et se pousser à atteindre son objectif, c’est très moteur, ce qui nous aide à se surpasser et à réussir. 

Trouver une place d’apprentissage: www.orientation.ch, sous la rubrique «Rechercher une place d’apprentissage». Participer à un recrutement en direct: www.citedesmetiers.ch/ geneve, sous la rubrique «Agenda Recrutement en direct».

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