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Deux écoles supérieures forment la fine fleur des métiers du bois

La formation de technicien ES en technique du bois peut être effectuée soit à Bienne, soit à Genève. Coup de projecteur sur la filière romande

Dominique Panchard

Tous les deux ans (prochaine rentrée en 2020), une quinzaine d’élèves titulaires d’un certificat fédéral de capacité (CFC) de menuisier ou d’ébéniste se lancent dans cette filière de deux ans à plein temps dispensée au Centre de formation professionnelle Construction (CFPC) de Genève. Une fois formés, ces techniciens sont à même de coordonner des projets et de conseiller des architectes ou des ingénieurs civils dans l’exécution des travaux en bois. Ils gèrent l’ensemble des étapes d’une commande, du projet à la facturation, et sont ainsi amenés à participer à la direction de l’entreprise, à la fois dans le domaine technique et commercial.

Des bois bien trempés

Audrey Piller, dynamique jeune femme de 27 ans de retour d’une année sabbatique après son CFC d’ébéniste, rempile avec enthousiasme dans ce cursus de perfectionnement. «Maintenant que j’ai les techniques de fabrication bien en mains, j’adore m’atteler à la gestion d’un projet: c’est à chaque fois un nouveau défi. Comme le calcul des prix et la gestion d’entreprise sont le noyau de notre formation, cela se passe plutôt bien, à condition d’être méthodique et organisée.» Une affirmation corroborée par son confrère Paul Nomblot qui a décidé, à 24 ans, d’embrayer sur la formation ES directement après le CFC de menuisier. «Ce qui se passe en amont de la fabrication m’a toujours intéressé. À commencer par les contacts avec la clientèle (essentiellement des architectes) et la réflexion qui s’en suit, tenant compte des contraintes diverses (choix du matériau en fonction de l’usage, respect du budget). Et comme le bois prend de plus en plus de place
dans les projets de construction en tant que matière renouvelable, écologique, résistante et légère, ce ne sont pas les défis qui font défaut.»

Un fini irréprochable

Le plan de formation englobe même des aspects inattendus du métier, à l’instar de cours de rhétorique ou encore d’allemand qui permettront aux futurs techniciens de mieux négocier avec leurs partenaires ou les fournisseurs d’outre-Sarine. Les grands axes de la formation restent toutefois la planification et la gestion de projet, la gestion d’entreprise et le marketing, ainsi que les approfondissements techniques rendus nécessaires par l’évolution technologique (logiciels DAO, machines à commandes numériques, normes techniques et contraintes environnementales). Dans le cadre de leur première année, les élèves réalisent un travail pratique équivalent à celui du brevet fédéral de contremaître et effectuent un stage en entreprise de dix semaines. Leur diplôme de fin d’études comporte une partie gestion plus importante que par le passé. Ce travail, validé par le collège d’experts, permet d’accéder à l’examen de la maîtrise fédérale en étant dispensé du travail de diplôme. Pour Marc Lehmann, doyen des métiers du bois au CFPC, «cet avantage non négligeable est un encouragement pour les techniciens à poursuivre leur formation continue en cours d’emploi par le cursus de maîtrise fédérale. Celle-ci constituant le niveau de formation le plus élevé de la branche, ses détenteurs disposent des meilleures connaissances de pointe pour diriger une entreprise du secteur.»

Le cursus à Bienne
À l’École supérieure du bois de Bienne, les conditions d’admission sont sensiblement identiques à la filière genevoise, si ce n’est qu’une année de pratique est requise après l’obtention du CFC. La formation biennoise prévoit en outre un stage d’une année à la suite des quatre semestres d’études. L’école de Bienne propose aussi deux autres spécialisations: «Construction en bois» plus spécialement destinée aux charpentiers et «Industrie du bois» pour les professionnels de la scierie.

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