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Mécanicien de production: deux voies de formation pour un même métier

Unique en Suisse romande, une filière CFC plein temps sera lancée à la rentrée à Genève

Laurie Josserand

L’apprentissage de mécanicien de production va propose une nouvelle voie de formation. Dès la rentrée 2019, un cursus plein temps sera lancé au Centre de formation professionnelle technique (CFPT) à Genève. Jusqu’alors, seul le CFC dual existait. La nouveauté est uni-que en Suisse romande.Cette nouvelle filière doit répondre aux besoins de l’industrie. Le secteur se transforme. Robots multi-usages, intelligence artificielle, machines additives (imprimantes 3D) et soustractives investis-sent les smart factories (usines intelligentes). L’enjeu de l’industrie 4.0: for-mer les futurs employés à la programmation de ces robots, à la configuration des machines et des usines de demain. Pour rester dans la course à la compétitivité, il s’agit d’embrasser les nouvelles technologies et former la relève, celle qui saura programmer les robots et imaginer des machines capables de créer n’importe quel objet en série ou prototype. «L’industrie suisse recherche des profils de qualité, détenteurs d’un certain savoir-faire et capables de collaborer à tous les niveaux de formation, de la production au département recherche et innovation, lance Nicolas Aune, secrétaire général de l’Union industrielle genevoise (UIG). Ce secteur est particulièrement porteur et continue d’innover, pour consolider ses 320 000 postes de travail.» À Genève, le secteur industriel affiche donc une santé de fer: 1700entreprises et start-up emploient environ 25 000 personnes dans des pôles d’excellence tels que l’aéronautique, la micromécanique ou l’horlogerie. D’ici à 2025, pas moins de 10 000 postes vont être créés. Une manne de possibilités offerte aux jeunes, filles comme garçons, qui choisissent la filière technique, notamment le CFC de mécanicien de production. «Le professionnel fabrique des pièces à partir de plans et de process très précis, explique Olivier Falquet, directeur de l’École de mécatronique industrielle au CFPT. Il paramètre les outils conventionnels et les machines à com-mande numérique comme les fraiseuses et s’occupe également de la surveillance de l’usinage. Un travail varié, qui requiert habileté manuelle et rigueur.»

Formation de pointe

«Dans un contexte aussi porteur, il paraissait opportun de diversifier l’offre de formation professionnelle initiale en ouvrant une classe de mécanicien de production CFC à plein temps en trois ans, développe Olivier Cujean, directeur du CFPT. Destiné à des jeunes qui s’intéressent au domaine de la mécanique industrielle, mais qui ne sont peut-être pas tout à fait prêts à intégrer le monde de l’entreprise, ce futur cursus a le mérite de proposer des débouchés concrets et presque assurés.» Dès la rentrée prochaine, une douzaine de jeunes investiront le CFPT moyennant les tests scolaires d’attentes fondamentales (TAF), puis ceux d’aptitudes au métier. Au programme des trois ans, toute une palette de compétences comme la soudure, la métrologie, le fraisage et le tournage, l’électroérosion, le maniement de machines conventionnelles ou à commandes numériques. «Ils sont bien loin les ateliers huileux d’antan, assure Guillaume Rodriguez, responsable de la formation chez Rolex et l’une des chevilles ouvrières du projet genevois.Désormais, le mécanicien de production est capable de piloter et d’être responsable de tout un parc de machines à la pointe de la technologie et s’assure de la bienfacture des pièces usinées en série.»

Dual ou plein temps

Le CFC de mécanicien de production a la même valeur, qu’il soit obtenu en filière duale ou plein temps. «Nous avons l’ambition de proposer aux jeunes un cursus qui combine l’apprentissage des fondamentaux de la mécanique de production à des stages de trois mois en entreprise, précise Olivier Falquet. Ces stages leur permettront d’asseoir leurs compétences professionnelles en découvrant la pratique sur une ligne de production: délivrer un produit dans un temps imparti, travailler en équipe, respecter les horaires, etc.» Les jeunes diplômés auront plusieurs options: intégrer directement le marché du travail ou pour-suivre en troisième et avant-dernière année de CFC de polymécanicien. Ils auront ainsi l’opportunité d’intégrer une École supérieure (ES), voire une Haute École spécialisée (HES), à condition d’avoir dé-croché la maturité professionnelle après le CFC. Pour celui ou celle qui souhaiterait concilier travail et perfectionnement, un brevet fédéral d’expert en production est égale-ment accessible en emploi après deux ans d’expérience.

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