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Ligne droite pour l’architecture

La formation accélérée en apprentissage permet d’accéder en un temps record au bachelor en architecture et en ingénierie à l’hepia

Iris Mizrahi

Architecte HES seulement six ans après la fin du cycle d’orientation (CO)? C’est une possibilité ancrée dans le panorama de la formation professionnelle, accessible via la formation de dessinateur en architecture CFC en école plein temps au Centre de formation professionnelle construction (CFPC), à Genève. «C’est une particularité genevoise, précise Julien Frey, doyen de la section Conception et planification du CFPC. Notre volonté est de concentrer sur trois ans la totalité des cours de l’ordonnance fédérale prévue pour quatre ans en y ajoutant la maturité professionnelle.»

Trois voies, un CFC

Très exigeante, cette filière est destinée aux élèves sortant du cycle avec les normes de promotion pour accéder au collège. Ainsi, une bonne moitié des apprentis provient effectivement du CO et l’autre du collège, suite à une réorientation. «C’est un choix courageux pour un jeune de 15 ans, qui nécessite une faculté de projection à long terme», pointe le doyen. Car il est important que le but soit clair: cette filière d’excellence est pensée pour maintenir les jeunes dans un rythme exigeant qui les prépare à l’entrée à la Haute École du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (hepia). C’est aussi une volonté de «rattraper du temps» pour les jeunes en réorientation après un passage au collège. «Que l’on choisisse de se former en filière accélérée en trois ans ou quatre ans (plein temps ou dual), le titre reste le même. Il s’agit de trouver la voie qui convient», poursuit Julien Frey. Une vingtaine de jeunes s’engagent dans la voie accélérée à chaque volée, dont seulement un quart de filles. L’équilibre des genres s’établit au niveau du bachelor.

Voie royale pour les HES

Si la priorité pour la voie expresse est donnée aux mineurs en fonction de leurs compétences, elle est aussi accessible aux élèves majeurs. C’est le cas par exemple de David Cardoso, 24 ans. Dans quelques mois, il obtiendra à la fois son CFC de dessinateur en architecture et sa maturité professionnelle. Son parcours n’a pourtant rien de linéaire: «Mes parents souhaitaient que je fasse des études. Le collège s’est imposé naturellement.» Mais le bon élève perd au fil des années sa motivation. Jusqu’à l’échec en troisième. Un conseiller en orientation de l’Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC) lui permettra d’exprimer son intérêt pour le domaine de la construction et l’encouragera à se lancer dans un apprentissage. «J’ai envoyé près de 80 candidatures, sans succès. C’est finalement à la faveur d’un désistement au CFPC que j’ai pu accéder à la formation.» Une réorientation tardive, mais ô combien salutaire: «Pour un jeune sûr de sa voie, je conseille la filière professionnelle à la sortie du CO. Si je pouvais revenir en arrière, c’est clairement ce que j’aurais choisi!» C’est d’ailleurs le message qu’il porte auprès de collégiens lors de séances d’information animées par l’OFPC. La formation professionnelle ouvre aussi toutes les portes avec un plus: l’acquisition d’un métier.

De solides fondations

Comme tant d’autres jeunes au sortir du CO, Delphine Leuba, 22 ans, aujourd’hui étudiante en troisième année du bachelor en architecture à l’hepia, entame le collège sans projet défini. Très vite, les matières littéraires l’ennuient et son intérêt pour les maths et le dessin technique se profile nettement. Bien conseillée, elle se présente aux examens d’admission du CFPC qu’elle réussit brillamment. Sa voie est désormais toute tracée: un CFC en filière accélérée et un bachelor en architecture qu’elle obtiendra en juin. «Au début, c’est un gros avantage. On connaît déjà le contenu des cours théoriques, même s’ils sont présentés d’une manière différente. Nos bases permettent de comprendre plus loin et de se rendre compte plus vite de la réalité du métier. On a une longueur d’avance en matière de dessin, mais l’atelier de projet est nouveau pour tous les étudiants», souligne l’étudiante. Car, dès la deuxième année, le niveau tend à s’équilibrer.

Pratique

Filières plein-temps au CFPC: test théorique le 18 mars et test d’aptitudes le 22 avril (compétence de vision en 2D et 3D, capacité à voir dans l’espace, à projeter mentalement) pour la formation de dessinateur CFC: architecture ou génie civil. Inscription encore possible jusqu’au 16 mars à la classe passerelle du CFPC pour les détenteurs d’une maturité gymnasiale du 1er au 10 avril.
Toutes les infos sur edu.ge.ch/site/cfpc/ et www.fai-ge.ch Places d’apprentissage en filière duale sur www.orientation.ch.

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