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Les juniors de Genève Futur Hockey sont aussi champions de la formation

Le dispositif Sport- Art-Études permet aux jeunes talents de se former professionnellement et de performer sportivement

Eliane Schneider

Matteo Valenza, 18 ans, apprenti employé de commerce CFC et hockeyeur, n’est pas rentré chez lui depuis trois mois. Play-off du championnat, finale suisse (remportée), camp d’entraînement de l’équipe de Suisse aux Grisons, semaine de préparation en Finlande, Championnats du monde en Suède. «De retour à Genève, dans ma famille d’accueil, j’ai repris ma routine: travail, école, sport, rigole le jeune Vaudois qui a toujours conjugué sa vie avec le sport. À douze ans, je partais d’Yverdon (VD) aux aurores pour rejoindre ma classe à Lausanne, avant de prendre le train en milieu d’après-midi pour La Chaux-de-Fonds (NE) où je m’entraînais chaque soir. Et l’un de mes parents venait me chercher en voiture en fin de soirée pour rentrer.» Le hockey, c’est la planète sur laquelle il aime vivre, construire ses objectifs et les atteindre.

Exigences identiques

«Nos Juniors Élite sont champions suisses. Mais cette situation favorable ne les dispense pas de se former: c’est même une condition sine qua non d’appartenance à Genève Futur Hockey (GFH), où 55 jeunes suivent le dispositif Sport-Art-Études (SAE), lance Laurent Pechkranz, directeur de GFH. Toutes les possibilités de formation s’ouvrent à eux: collège, école privée, études à distance, apprentissage en école ou dual. Certains ont même déjà terminé un diplôme du postobligatoire.» Le club assure la qualité de la formation de ses talents en s’impliquant dans les écoles, les entreprises formatrices, les familles. Deux personnes sont responsables du suivi personnalisé des juniors et servent de relais auprès
de tous les partenaires de la formation: doyens, responsables de formation, parents. «À la moindre alerte (perte de motivation, état de fatigue, etc.), nous intervenons instantanément, insiste Laurent Pechkranz. Une série d’entraînements en moins permet souvent la récupération physique ou psychique nécessaire au bien-être du jeune. L’école, l’entreprise et le club fonctionnent en vases communicants et la force de l’un contamine positivement l’autre.» Pour Matteo et ses coéquipiers, l’équation est simple: réussir à l’école et au travail est le passage obligé pour pratiquer son sport.

Cravacher pour réussir

L’aménagement et la flexibilité de l’horaire scolaire, la possibilité de passer des épreuves en différé sont indispensables à la réussite scolaire des jeunes SAE, en fonction des entraînements et des matches. Par exemple, les apprentis en formation plein temps peuvent arriver quinze minutes plus tard le matin en classe, car ils sont sur la glace de 6 h 30 à 8 h. Mais ils doivent aussi mettre leurs innombrables déplacements à profit pour réviser leurs cours. «Malgré leur maturité personnelle, leur sens des responsabilités et des compétences sociales souvent audessus de la moyenne, ils cravachent pour réussir», admet Christian ter Pelle, responsable SAE au Centre de formation professionnelle Commerce, à Genève. En sport, les 543 élèves genevois de la filière SAE pratiquent 42 disciplines différentes, reconnues par Swiss Olympic. Les sports d’équipes comme le football, le hockey, le volley-ball sont majoritaires mais le tennis, la lutte ou le golf, sans oublier le twirling bâton, y trouvent également leur place. «L’apprentissage dual convient particulièrement bien à de nombreux jeunes sportifs, rappelle Ava Monney, responsable du SAE à Genève. C’est donc une filière à privilégier, d’autant plus que les entreprises formatrices favorables au sport de performance répondent volontiers présent. Le label Swiss Olympic qu’elles peuvent arborer souligne d’ailleurs leur engagement et la qualité de leur encadrement.»

Parcours atypiques

«Le travail, au contact des adultes, me permet d’acquérir de la rigueur et de grandir», admet Matteo Valenza. «Si les profils atypiques exigent de la flexibilité dans les horaires de travail, ils créent incontestablement de la richesse en matière de parcours professionnels, renchérit Karin Petitdemange Niederhauser, sa responsable au secteur formation initiale aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Sur le terrain, nos formateurs développent une double vigilance, au niveau de la confiance accordée et à celui du suivi personnalisé nécessaire à la réussite du CFC. En contrepartie, ces talents possèdent des compétences très recherchées sur le marché de l’emploi: ils sont volontaires, engagés et pétris d’esprit d’équipe.»
Les HUG sont impatients de recevoir des postulations de filles et d’artistes, encore rares dans les rangs du dispositif SAE en formation duale.

Plus d’infos: www.ge.ch/sport-art-etudes

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