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Les infirmiers cliniciens spécialisés optimisent la qualité des soins

En dix ans, le master en sciences infirmières a multiplié par sept le nombre de ses étudiants

Martine Andrey

Pratique clinique spécialisée, consultation, coaching, leadership, recherche. Autant de compétences développées durant le master ès sciences en sciences infirmières (MScSI) à l’Institut universitaire de formation et de recherche en soins de la Faculté de biologie et de médecine de l’Université de Lausanne. Existant depuis une dizaine d’années, ce cursus conjoint avec les Hautes Écoles spécialisées de Suisse occidentale a accueilli une nouvelle volée d’une quarantaine d’étudiants en septembre dernier.

Le patient au centre

«Ces études sur deux ans visent l’acquisition d’un éventail de connaissances expertes et transversales pour exercer le rôle d’infirmier clinicien spécialisé, enseigner au niveau bachelor ou encore poursuivre un doctorat», précise Manuela Eicher, responsable du programme MScSI, professeure associée et infirmière consultante en recherche au département d’oncologie du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). Infirmière spécialiste clinique en soins aux personnes âgées, Patricia Borrero s’occupe de ces patients aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). «Une hospitalisation peut être rapidement délétère pour les patients âgés avec un risque de déclin fonctionnel et de perte d’autonomie», explique la spécialiste. Dans le but d’optimiser la qualité et la sécurité des soins, elle a initié, avec d’autres professionnels de la santé, une amélioration des pratiques cliniques des équipes soignantes. «Pour prévenir les chutes, nous avons mis en place des recommandations de bonnes pratiques en collaboration avec les médecins, les physiothérapeutes, les diététiciens et les ergothérapeutes. Nous avons également appliqué des mesures pour prévenir les états confusionnels aigus et faciliter la communication auprès des patients et leur entourage afin d’éviter les complications.»

Pratique fondée sur des preuves

En tant qu’experte en situation de soins complexes, Patricia Borrero s’appuie sur ses connaissances scientifiques, toujours dans une perspective éthique. «Les personnes âgées ont souvent plusieurs maladies qui compliquent les soins, précise-t-elle. J’argumente donc les décisions cliniques sur la base d’études ayant un niveau depreuve élevé et cliniquement solides auprès des autres soignants. Je les accompagne aussi dans l’acquisition de compétences spécifiques aux soins à la personne âgée et j’inclus la dimension gériatrique dans toutes les prises de décision. Par exemple, lors de travaux, les architectes doivent considérer les spécificités de cette population.» Cheffe de projet pour l’élaboration d’un référentiel de création de consultations infirmières, la collaboratrice des HUG est aussi sollicitée comme experte méthodologique par ses collègues pour mettre en place une consultation infirmière pour les patients souffrant de glaucome (afin qu’ils apprennent à gérer leurs symptômes et leur maladie) ou un programme pour accompagner les patients atteints de la maladie de Parkinson.

Travailler en réseau

«Avec douze ans de pratique professionnelle, je bénéficie désormais d’un réseau élargi parmi les différents acteurs de l’institution, ce qui me permet d’agir de manière transversale», définit Claudia Lecoultre, infirmière clinicienne spécialisée (ICLS) adjointe à la direction du département coeur vaisseaux et de celui de chirurgie et anesthésiologie du CHUV. «Par exemple, pour prendre en charge un patient amputé dans le service de chirurgie septique et lui offrir des soins individualisés, je crée un réseau collaboratif entre l’ergothérapeute, le physiothérapeute, les médecins et les autres personnels soignants.» Responsable du développement clinique et du soutien méthodologique aux collaborateurs des deux départements, l’ICLS facilite la coopération entre les différents secteurs. Elle met notamment en place des groupes interdépartementaux, au sein desquels les professionnels oeuvrent ensemble pour actualiser les pratiques de soins ou la documentation clinique. «On évite ainsi le travail à double», garantit-elle. Et Claudia Lecoultre de résumer, enthousiaste: «Actuellement, ma fonction me permet de travailler sur de multiples projets pour influer sur l’offre et la qualité des soins tout en gardant une pratique clinique de 20% dans les policliniques des deux départements.»

Plus d’information:
www.unil.ch/sciencesinfirmieres
www.hes-so.ch

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