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Le constructeur d’installations de ventilation fait respirer les bâtiments

Ces spécialistes jouent un rôle grandissant dans la construction en lien avec les préoccupations environnementales

Eliane Schneider

«Les spécialistes en ventilation contribuent à la qualité de l’air, qui est devenue un élément essentiel au confort de vie dans un grand nombre de bâtiments, lance Freddy Moret, secrétaire romand et membre de la direction de suissetec, Association suisse et liechtensteinoise de la technique du bâtiment. En assurant une ventilation adéquate, ils améliorent les conditions de l’air, avec des répercussions positives sur le plan énergétique et en matière de santé et d’hygiène.» Ces professionnels font partie intégrante des métiers de la technique du bâtiment, aux côtés des projeteurs, des ferblantiers, des installateurs en chauffage ou encore des installateurs sanitaire. Ils s’activent essentiellement sur les chantiers, après une préparation en atelier, en coordonnant leur travail avec les différents autres corps de métier de la construction. La formation s’acquiert en trois ans d’apprentissage en système dual, dont les deux premières années sont conjointes au CFC de ferblantier, la troisième étant spécifique au métier. L’unique classe romande suit sa formation initiale au Centre d’enseignement professionnel de Morges (CEPM). Un diplôme de technicien ES et un brevet fédéral peuvent compléter le cursus.

Souffle de vie

Les constructeurs d’installations de ventilation opèrent dans tous les types de gros oeuvres (immeubles, garages, tunnels, villas individuelles, etc.), mais la majeure partie de leur travail est invisible. En effet, gaines de ventilation et souffleries sont disposées à l’intérieur des murs, laissant seulement apparaître parfois une minuscule grille intégrée au plafond ou en façade. «Prenons les cas très explicites d’incendie dans un tunnel d’où la fumée doit être rapidement évacuée, d’ambiances étouffantes de garages ou de restaurants où l’air vicié doit être assaini en permanence, d’usines où des poussières malsaines doivent être filtrées, puis extraites: c’est la qualité du travail du spécialiste en ventilation qui fera la différence», explique Freddy Moret. Sans oublier les phénomènes d’allergies, de plus en plus fréquents et nombreux, qui peuvent être limités par une qualité d’air irréprochable incombant à ces spécialistes. Tout comme la pressurisation de certaines salles d’hôpitaux ou d’entreprises high-tech dans lesquelles les bactéries ne doivent pas entrer en contact avec l’air. Donnant droit à des subventions, certaines normes comme Minergie (l’une des plus répandues) imposent également les conditions écologiques des nouveaux bâtiments, bien isolés, où le flux de l’air est contrôlé mécaniquement. «Les professionnels doivent s’y conformer. Tout comme ils doivent s’adapter au changement climatique, qui se fait déjà remarquer dans certains pays par l’usage intensif et parfois intempestif de la climatisation, qui reste pour l’instant réglementée en Suisse», précise le secrétaire romand.

À la croisée des flux

Nikola Tisma vient d’obtenir son CFC de constructeur d’installations de ventilation. Le jeune homme jongle habilement avec les assemblages de gaines de ventilation et les monoblocs moteurs. Si habilement qu’il a participé aux SwissSkills2018. «Seul Romand à représenter son métier, il s’est mesuré aux autres apprentis avec une énergie remarquable. Un vrai déclic», admet Patrick Hugener, son formateur et patron d’Air Montage SA, spécialisée dans les réseaux aéroliques. Au quotidien, sur le terrain, le jeune professionnel étudie les plans de montage, mesure et repère les emplacements de l’installation, prépare le matériel et assemble les éléments des canaux de ventilation (conduites, filtres, ventilateurs, moteurs,
amortisseurs de bruits, récupérateurs d’énergie). Il se plaît à monter, toujours en binôme avec ses collègues, les moteurs monoblocs à double flux, par pulsion de l’air renouvelé et aspiration de l’air vicié. «J’apprécie d’installer la centrale où tous les réseaux se croisent. L’aspect technique et la réflexion à fournir me motivent.» Nikola Tisma a été directement engagé par son entreprise formatrice à l’issue de son apprentissage.

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