Cybermag / A la une / Le Prix de l’artisanat couronne les maquettistes d’architectes de MAQ3

Le Prix de l’artisanat couronne les maquettistes d’architectes de MAQ3

Mélange de créativité et de précision, cette profession singulière est mise à l’honneur par les communes genevoises

Laurie Josserand

Le Prix de l’artisanat couronne les maquettistes d’architectes de MAQ3 Il est possible de découvrir un monde en soi à la rue Caroline: l’atelier du collectif de maquettistes MAQ3. Dans un univers lumineux et extrêmement épuré, des maquettes d’architecture en phase de réalisation habillent des établis parsemés de petits morceaux de bois ou de plexiglas. Ici et là, trônent des outils conventionnels (scies sauteuses, à ruban, toupie) qui côtoient des machines dernier cri comme l’imprimante 3D ou l’instrument de découpe laser. De petites figurines à l’échelle 1/500 ou 1/200 ou encore des arbres miniatures sont les uniques pièces préfabriquées. Perçues parfois comme superficielles, elles sont néanmoins incontournables puisqu’elles servent à appréhender les proportions du bâtiment prévu. Trois personnes au parcours différent, un ébéniste, un architecte d’intérieur et un ancien
coordinateur de travaux, se sont unis pour reprendre le flambeau de François Meyer, professionnel incontournable dans le monde de la maquette d’architecture. Presque une décennie s’est écoulée depuis que Jérôme Blanc, Jean- Jacques Haegler et Julien Marquet se sont associés.

Tradition et modernité

Ce printemps, ils ont vu leur savoir-faire récompensé par le Prix de l’artisanat de l’Association des communes genevoises (ACG). «Nous sommes particulièrement heureux de ce choix, car le lauréat est une entreprise formatrice, explique Serge Baehler, directeur à la direction générale de l’Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC) de Genève. Par ailleurs MAQ3 a su concilier tous les aspects traditionnels et manuels de ce métier de maquettiste d’architecture, tout en l’inscrivant dans la modernité.» Jérôme Blanc complète: «Les nouvelles technologies prennent
une dimension importante dans notre quotidien professionnel car elles nous facilitent notre travail. Nous collaborons par exemple avec des architectes ou des urbanistes de New York et de Paris qui nous envoient des plans générés informatiquement: ces documents constituent la base pour réaliser une maquette de concours. Ensuite, elles ont permis d’augmenter considérablement notre degré de finesse: typiquement, l’imprimante 3D simplifie et optimise la réalisation, entre autres, des bâtiments actuels aux formes aériennes.»

Esquisse et miniature

Le collectif travaille, notamment, sur une maquette de Genève, outil d’urbanisme précieux, comme pour la planification de nouveaux projets. À chaque nouvelle implantation de passerelle et de bâtiment, à chaque réaménagement, la maquette évolue. Constituée de pièces en bois, comme des Lego,
elle se modèle pour représenter la ville dans son ensemble. La maquette aide à mieux percevoir la réalité. Elle permet d’abord d’appréhender les volumes, de comprendre ensuite l’implantation d’une nouvelle construction dans son environnement et, finalement, son impact sur le milieu urbain. «Le professionnel reproduit une image dans ses grandes lignes, fidèle à la réalité et sans détail superflu, remarque Jean-Jacques Haegler. Une maquette ne ment pas: elle est à la fois objet de simulation et de présentation. Elle se révèle être également un outil de négociation.» En somme, lors d’une mise au concours d’un nouveau projet d’urbanisme ou d’architecture, une maquette sert de base aux concertations entre politiques, professionnels du bâti et citoyens pour choisir le bon projet. Toutefois, avant de rendre son travail aux mandants, le maquettiste en architecture aura rivalisé d’ingéniosité pour concevoir et réaliser les modèles réduits. Dès la réception des plans, il faut les analyser, puis réfléchir aux différentes étapes de fabrication, choisir les matériaux et les outils adéquats pour ériger les bâtiments miniatures. «Ce métier exigeant se situe à la croisée de nombreux domaines: menuiserie, dessin, programmation informatique, décoration, etc., explique Julien Marquet. Il nécessite une bonne capacité d’abstraction, de solides connaissances en géométrie et des aptitudes sociales avérées puisqu’un maquettiste est au service de son client. C’est pour cela qu’il requiert quatre ans de formation professionnelle initiale!»

Plus d’infos
Sur le métier: www.orientation.ch
rubrique «Professions».
Sur le Prix de l’artisanat de l’ACG:
www.acg.ch/?q=node/238
Sur le collectif MAQ3: www.maq3.ch

Le Prix de l’artisanat couronne les maquettistes d’architectes de MAQ3