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L’industrie recherche des entreprises formatrices

Dans l’arc lémanique, le secteur technique regorge d’opportunités d’avenir. Et les jeunes s’y intéressent de plus en plus

Eliane Schneider

Il faudra recruter dorénavant 17 000 personnes chaque année dans les métiers techniques pour maintenir la capacité de l’industrie suisse, selon Swissmem. Face à une pénurie prévisible, Grégoire Evéquoz, président de FocusTech s’active: «L’image actuelle est dynamique: les nouvelles technologies provoquent une mutation du secteur industriel. Elles génèrent des compétences nouvelles, des métiers inédits. Le développement de la robotique modifie le processus de production, de management, de sécurité. Il faut du monde pour programmer ces robots. En concevoir d’autres. Et gérer des équipes pluridisciplinaires.»

Des savoir-faire porteurs

Le tour d’horizon «industriel» donne le tournis… CERN, EPFL, universités et hautes écoles instaurent, en matière de nouvelles technologies, un pôle d’excellence mondial. La mécatronique industrielle (robotique, usinage, laser, internet des objets, etc.) demeure un point fort. La chimie (parfumerie, pharmacie, entretien ménager et alimentaire) ne constitue- t-elle pas un des fleurons de l’industrie genevoise? Tout comme l’horlogerie, la troisième industrie d’exportation de Suisse. L’arc lémanique s’ouvre également aux savoir-faire porteurs: métallurgie, électricité, gestion du gaz et de l’eau, dépollution, aéronautique, joaillerie. Et un vivier de startups liées au développement durable: cleantech, énergies alternatives et big data. La région constitue par ailleurs le principal cluster des sciences de la vie en Europe (Eclosion, Campus Biotech).

Intégrer le monde du travail

Les métiers techniques sont de plus en plus qualifiés, grâce au succès de l’apprentissage. À Genève, par exemple, la formation duale se déroule en partie au Centre d’enseignement professionnel (CEP UIG-UNIA). Quelque 40 jeunes se lancent annuellement dans 6 professions (automaticien, dessinateur-constructeur industriel, électronicien, laborantin en physique, mécanicien de production, polymécanicien). «C’est une richesse en termes de pluralité d’âge, de genre, de niveau de formation. Et un apprenti bien formé produit un réel travail pratique, utile à l’équipe», estime Virginia
Prieto Hermosilla, responsable des apprentissages techniques au CERN. «Ces jeunes signent un contrat d’apprentissage avec une entreprise, mais ils passent l’entier de la 1ère année au CEP afin d’acquérir les bases du métier (outils, machines). Les ordonnances de formation sont si vastes que les entreprises n’arrivent souvent pas à couvrir l’éventail des exigences requises», explique Claudine de Lucia, directrice du CEP. État, associations patronale et syndicale financent cette 1ère année afin de soutenir les entreprises formatrices qui accueillent, dès la 2ème année, des apprentis initiés aux gestes métier. «Faute de places en entreprise, nous devons refuser une grande partie des jeunes qui postulent», lance-t-elle. L’appel est impératif: il faut motiver les entreprises à former!

Plus d’infos
www.industrie-geneve.ch/
et www.cep-formation.ch/

Se former à l’aube du 4.0

HEPIA et la HEG proposent Industrie & Économie 4.0: 33 formations courtes ou trois CAS (Certificates of advanced studies) distincts. «Nous répondons aux besoins des entreprises qui ne souhaitent plus forcément désigner un seul collaborateur pour effectuer une formation longue. Grâce aux modules courts, l’entreprise pourra former plusieurs personnes sur des sujets pointus, faire évoluer les compétences internes et trouver des pistes d’innovation. Cette nouveauté permet plus de souplesse», valide Yves Leuzinger, directeur d’HEPIA
Séance d’information: 17 septembre, à 17 h 30, FER Genève

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