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Il y a de l’ElectricSkills dans l’air

À Genève, les apprentissages du domaine de l’électricité trouvent le bon voltage. Et les ElectricSkills de Lausanne les mettront en lumière

Eliane Schneider

Les partenaires de la formation des métiers de l’électricité ont eu, en 2016, une idée lumineuse: la création d’une entrée unique de deux ans en apprentissages d’électricien de montage et celui d’installateur électricien. Ainsi, les jeunes
qui obtiennent 4,8 de moyenne au terme de cette première étape continuent pendant deux ans pour obtenir le CFC d’installateur électricien (d’une durée de quatre ans). Et les autres poursuivent en une année le CFC de monteur électricien (en trois ans). La première volée de ce projet pilote genevois «circuit série/parallèle» sera diplômée en juin prochain. Une centaine de nouveaux professionnels sera alors certifiée.

Le bon circuit

«Ce projet est gratifiant tant pour les apprentis, les entreprises formatrices que les enseignants, estime Alain Grandjean, responsable de formation au CIEG (Association cours des installateurs électriciens genevois). Nous perdons moins de jeunes en cours de formation pour raison d’orientation erronée vers l’une ou l’autre des deux filières, ce qui était souvent le cas auparavant. Et, même si la sélection à l’apprentissage cible déjà les candidats disposant d’un bon potentiel scolaire, cette entrée unique (grâce au mélange des profils) engendre une émulation qui pousse les apprentis à un meilleur niveau scolaire et pratique dès la première année.»

Lumière sur les filles

Ces jeunes peuvent obtenir une maturité professionnelle, pendant ou après leur CFC, qui les propulse à un excellent niveau de formation. En conséquence, ils entrent sur le marché du travail avec une employabilité à 100% après le diplôme. «Ils continuent souvent leur formation en emploi via les brevets fédéraux de chef de chantier ou de chef de projet, confirme Alain Grandjean. Sans oublier le diplôme fédéral (anciennement maîtrise fédérale), qui est si recherché par les entreprises aujourd’hui.» Lisa Invençao de Alcântara, apprentie installatrice électricienne, de 2e année, aime se différencier et décloisonner les mentalités. Elle ne cache pas sa satisfaction au travail: «Les réactions des clients sont positives et celles de mon entreprise également. J’ai trouvé ma place, tant en cours que sur les chantiers!» Après un temps au collège, l’apprentissage l’a sortie de l’ennui. «J’adore étudier, en particulier les maths et la physique, et je ne compte pas m’arrêter aux installations de chantier.» Suite à son CFC, elle envisage déjà le brevet fédéral où elle pourra pousser l’analyse et le contrôle. «C’est une opportunité pour passer ensuite à la maîtrise, en restant sur le terrain et en conservant mon salaire. J’apprécie de m’engager à fond dans mon métier.»
Plus d’infos https://cieg.ch/

Les ElectricSkills à Lausanne

Depuis janvier, les deux candidats genevois sélectionnés pour les ElectricSkills romands se préparent assidûment pour gagner. Sous les encouragements des autres apprentis, la compétition devient festive et virale. «J’aime réfléchir en amont du projet. Et quand le schéma de l’installation électrique s’aligne dans ma tête, tout me paraît simple, s’exclame Anthony Pagnot, apprenti installateur de 4e année. Je dois encore travailler sur la précision, ne rien laisser au hasard.» Pour Florian Zwahlen, qui est également en 4e année et maturité professionnelle intégrée, la compétition le sort de sa zone de confort. «Un bel entraînement aussi pour les examens du CFC, lance-t-il. Pour moi, la partie gratifiante du projet se situe au stade du câblage des tableaux. La concrétisation de tout le processus.» Ces deux candidats genevois n’ont qu’un seul objet: les SwissSkills de Berne, en septembre 2020!

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