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Faire éclore la créativité

Chaque année au Concours des apprentis fleuristes, 4 prix sont décernés aux jeunes Romands qui achèvent leur formation

Laurie Josserand

Depuis trente-huit ans, le concours des apprentis fleuristes est un incontournable. Aussi, tout professionnel romand peut se targuer d’avoir concouru à cette épreuve avant de décrocher son diplôme de formation professionnelle initiale. Dans ce métier, il est primordial de savoir structurer un projet créatif: réfléchir au conditionnement et à la qualité des végétaux, gérer le stress et les contraintes liés aux besoins de la clientèle. Le président du jury, Éric Godel, abonde en ce sens: «Participer à un tel concours est très enrichissant pour un futur professionnel, cela permet notamment de faire un point de situation sur ses compétences et de jouer avec son esprit novateur. Cette compétition est donc prétexte à se préparer aux examens, mais aussi à la vie en entreprise.»

Une vitrine pour la profession

Ainsi, le 24 mars passé à Payerne (VD), les 38 apprenties de troisième et dernière année de CFC issues des divers centres de formation romands (École pour fleuriste de Lullier-CFPne), Centre d’enseignement professionnel de Morges (CEPM) et École des métiers de la terre et de la nature (EMTN) de Cernier), ont joué le jeu en se mesurant les unes aux autres lors de trois épreuves, savamment orchestrées par 12 experts du domaine de la création florale. Au programme de cette édition: trois variations sur le thème «Sauvage ou domestiqué». Chaque candidate présente une installation préparée entre décembre et fin mars, un bouquet et un travail surprise en live. Chaque création est notée par 6 duos de professionnels, chargés chacun d’évaluer deux critères (volume, technique, couleurs, propreté, etc.).

Un projet au long cours

À la récept ion du thème du concours, les jeunes ont trois mois pour matérialiser leurs rêveries et conceptualiser un projet d’installation végétale, destiné au Musée d’art de Barcelone (MACBA) autour du thème «domestiqué». «Pour ce grand décor, nous attendons des apprenties une scénographie épurée et contemporaine, qui fasse écho aux lignes architecturales du MACBA: le prix a été attribué à Isciane Minnig, élève du CEPM», précise le président
du jury. Côté «sauvage», il s’agit de choisir des végétaux à l’état naturel. Marie Gros, participante genevoise, a pris le parti d’«aller en forêt et dans la campagne de la commune de Dardagny pour recueillir des branches de noisetier et de cerisier, des fougères et autres spirées.» Le tout constituera les éléments de son bouquet, élaboré en une heure devant un public curieux.

Une veine d’or

Au jeu de l’épreuve surprise, c’est Marie Gros, en stage à la boutique genevoise Côté fleurs, qui a coiffé au poteau les autres concurrentes. «À 10 h 15, les jeunes reçoivent toutes le même matériel: des végétaux, des éprouvettes, quatre tiges métalliques et une poutre en bois faisant office de socle, commente Éric Godel. Elles ont une heure pour élaborer un décor et rivaliser d’originalité.» Marie observe un brin les autres candidates et ose l’audace: «Je me suis fait plaisir et ai réalisé une composition en veillant à respecter les consignes techniques et artistiques. J’ai travaillé la symétrie et la verticalité pour la dimension domestique. Ensuite, j’ai habillé le haut des tiges métalliques de bouquets de graminées aux allures sauvages, agrémentés de fleurs dans des éprouvettes, pour recouper le second aspect du thème. Quelle surprise de recevoir le premier prix pour cette création!» Le concours général a été remporté par la fribourgeoise Élodie Chassot (lauréate de l’épreuve du bouquet), tandis que Noémie Détraz, formée au CFPne, a ravi le coeur du public qui lui a décerné son Prix spécial. Au président du concours de conclure: «Chaque fois, je suis bluffé par l’imagination et l’engagement des
apprenties.»

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