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Ces apprentis que la crise a fait encore plus bouger

Les assistants en promotion de l’activité physique et de la santé (APAPS) se sont adaptés à la pandémie et préparent la suite

Eliane Schneider

Les salles de sport et de fitness sont à nouveau ouvertes. En mars 2020, à l’annonce de l’arrêt subit des activités en salle, Jonas Steiner, apprenti APAPS de 3e année chez Sport Quest à Genève, a pris le changement à bras-le-corps. «Nous avions un véritable rôle à jouer en matière de santé publique pendant le confinement. Et encore plus maintenant.» Car si la crise a développé un intérêt général pour l’activité physique, il s’agira dorénavant de surfer sur la vague pour continuer d’encadrer le public de manière professionnelle en matière de conseil et de suivi sportifs.

Il venait de mettre sur pied un cours de core-training (renforcement musculaire) à succès. Le jour même de la fermeture de la salle, les clients pouvaient déjà le suivre en direct sur différents réseaux sociaux. «Je me suis organisé très rapidement grâce au soutien de toute l’équipe, explique l’apprenti. Après quelques jours de pratique, l’âge des clients en ligne a commencé à s’étaler de 18 à plus de 60 ans. Tout le monde s’y mettait. Le club continuait à vivre, mais différemment, car rien ne remplace le contact humain avec les adhérents.»

Jonas Steiner, soucieux de biomécanique, explique: «Par exemple, l’élévation latérale du bras sollicite des muscles tels que le deltoïde moyen ou le supra épi- neux. En salle de sport, je corrige les mouvements et conseille chaque client individuellement. C’est pourquoi notre concept de cours en ligne doit encore s’affiner car, pour le moment, il ne va que dans un sens. Alors que le cœur de notre métier réside dans la proximité et l’échange.»

Pour Sébastien Grossini, formateur chez Sport Quest, «la crise nous a forcés à réinventer le métier, à réfléchir à la complémentarité des concepts outdoor ou en ligne. Cela va peut-être nous amener à investir dans une caméra et des outils techniques d’avant-garde autant que dans un loyer de salle de sport. Notre apprenti et tous nos jeunes collaborateurs sont devenus de véritables vecteurs d’innovations dans ces domaines qui annoncent le futur du métier.»

Du professionnalisme

Dans le cadre de l’École des arts et métiers de Neuchâtel (lieu des cours théoriques pour les appren- tis APAPS de Suisse romande), des travaux interdisciplinaires tels que tutoriels et cours collectifs sur Instagram se sont invités spontanément au programme. L’occasion de réorganiser une formation encore méconnue du grand public? «Notre métier est récent et plébiscité par les jeunes, rappelle Yves Pelletier, directeur de l’école. Et les entreprises formatrices répondent aussi présent, même si elles ne se bousculent pas encore suffisamment au portillon.»

La 5e volée romande d’APAPS, soit une trentaine de jeunes, ob- tiendra cette année son CFC. «Ce diplôme constitue la première marche de qualification de la branche «mouvement et santé», qui permet ensuite d’accéder aux cursus des brevet et diplôme fédéraux ou des HES», rappelle Yves Pelletier.

Véronique Luppi, directrice d’Harmony La Praille à Genève et commissaire d’apprentissage, confirme que l’horizon professionnel des APAPS est particulièrement dégagé. «Ces dernières années, la médecine du mouvement a tordu le cou aux clichés sur la musculation. La prévention des maladies chroniques par l’entraînement de la force et de l’endurance ne fait plus débat, encore moins lorsque ces affections amplifient les répercussions d’une pandémie comme celle du Covid-19. L’utilité et le professionnalisme des coaches sportifs ou des personal trainers prend aujourd’hui tout son sens.» 

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