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Banques: le CFC est un bon placement

En le valorisant par la formation continue, l’apprentissage peut constituer un solide point de départ pour une carrière bancaire

Patrick Bagnoud

Avec plus de 35 000 emplois, le secteur financier genevois dans son ensemble a retrouvé le niveau qui était le sien avant la crise de 2008. Pour Chantal Bourquin, responsable de la communication de la Fondation Genève Place Financière, cette stabilité confortée depuis 2015 est aussi l’opportunité de mettre en valeur la formation professionnelle dans le domaine bancaire. «L’apprentissage peut tout à fait constituer la première pierre d’une carrière prometteuse. Si vous ajoutez au CFC les nombreuses formations dispensées à l’interne et un cursus supérieur (diplôme fédéral en finance, CAS ou MAS en management, par exemple), vous pourrez accroître vos connaissances et évoluer dans la banque. La formation est l’une des clés pour adapter les savoir-faire aux mutations de nos métiers et garantir le succès de notre place financière.»

Un bilan exceptionnel

Michael Palma, 36 ans, a gravi les échelons à la vitesse de l’éclair. Après deux ans de gymnase à Lausanne («j’ai tout plaqué, ce n’était vraiment pas fait pour moi») et le service militaire («une école de vie qui m’a redonné un cadre»), il entame, à 20 ans, un apprentissage d’employé de commerce à la Banque Pictet & Cie SA, à Genève, qu’il salue comme «un bijou dans le domaine de la formation.» CFC en poche, le jeune homme enchaîne avec un diplôme fédéral en économie bancaire (trois ans de formation en emploi), puis un Executive MBA. «Mais c’est l’apprentissage qui m’a permis d’acquérir les fondements nécessaires à mon activité, assure-t-il. Cette formation m’a ouvert autant à l’effort qu’aux règles de la profession: se mettre au service du client, être pragmatique, rechercher les meilleures solutions. Et le tout avec humilité. Ce sont les bases essentielles du management
bancaire.» De solides fondations qu’il s’agit pourtant de développer en permanence: «La formation continue fait partie intégrante de la vie du banquier, insiste Michael Palma. Dans notre domaine, celui qui n’en suit pas peut être considéré comme un usurpateur!»^Si elles s’organisent classiquement autour des activités et des responsabilités de chaque collaborateur (front office, management, courtage, gestion de fortune ou d’actifs), ces formations prennent désormais d’autres formes, liées notamment à la digitalisation. «Nous formons les managers et nos gérants dans le domaine de la blockchain ou des principales cryptomonnaies (bitcoin, ethereum, ripple). Cette veille technologique nous concerne tous, responsables et collaborateurs, car elle est la garante de notre constante adéquation aux exigences du marché.» Membre du comité exécutif de Mirabaud & Cie SA, Michael Palma occupera, dès la rentrée de 2019, un poste d’associé au sein de son établissement.

Actions en hausse

Un parcours qui fait rêver Floriane Cadez, 26 ans, en deuxième année du cursus bachelor en économie d’entreprise orientation banque et finance de la Haute École de gestion de Genève (HEG). «Ma scolarité n’a pas été brillante. Mais un séjour linguistique au Canada, qui m’a mise face à mes responsabilités, puis un test d’intérêt qui m’a révélé le monde de la comptabilité et de la finance ont été de vrais déclics.» Malgré son parcours scolaire chaotique, elle parvient à entrer en apprentissage à la Banque Raiffeisen, où elle opte pour la filière maturité professionnelle intégrée. «Mes formateurs m’ont donné ma chance, mais ils ont aussi soutenu mon ambition et ma volonté de progresser en continuant de me former.» Une fois son CFC obtenu, la jeune femme rejoint la banque privée Lombard Odier, au sein de laquelle elle intègre le programme de formation HEG en emploi. Elle travaille désormais à 80% et bénéficie d’arrangements pour les périodes de révisions et d’examens. «Avec mes passages dans les différents secteurs de la banque, je peux faire immédiatement le lien entre ma pratique professionnelle et les cours: j’adopte la bonne attitude pour agir et trouver
des solutions dans l’entreprise et j’assimile plus facilement la théorie une fois sur les bancs de l’école.» L’effort est conséquent durant les quatre ans que dure la formation. Mais Floriane Cadez semble toujours avoir un coup d’avance. «J’ai déjà trouvé mon sujet de mémoire de diplôme: l’impact de la nouvelle loi sur les établissements financiers auprès des gérants indépendants.»

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