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Apprendre à dompter l’IRM

Tout connaître sur l’imagerie médicale par résonance magnétique, c’est ce que propose un CAS dispensé à Genève

Eliane Schneider

Près de 95% des décisions médicales se prennent aujourd’hui à l’aide de l’imagerie», constate Eric Fleury, responsable de la filière Technique en radiologie médicale et du CAS en IRM. La Haute École de santé de Genève (HEdSGenève) propose, depuis 2017, aux techniciens en radiologie médicale (TRM) de Suisse romande cette formation continue, en une année, permettant de renforcer leurs compétences et de parer aux évolutions du domaine.

Raisonnement et sécurité

Lors de l’IRM, le corps est soumis à un champ magnétique. Les atomes d’hydrogène (protons) contenus dans l’eau du corps humain s’alignent dans ce champ magnétique. Les ondes radio émises par ces protons sont captées et reconstruites sous forme d’images en coupes (séquences), dans n’importe quel plan de l’espace. Cette technologie influence fortement le travail de ces professionnels TRM: «Le CAS forme au raisonnement clinique: ils doivent établir les séquences adéquates en ayant compris ce que cherche le médecin prescripteur. Sans oublier les protocoles sécuritaires», précise Éric Fleury.

Aussi en cabinets privés

La HEdS-Genève diplôme chaque année environ 30 étudiants TRM et la HES vaudoise plus de 40. Pour rappel, l’admission en HES est possible, en autres, grâce à un CFC du domaine et une Maturité professionnelle. «Durant leur cursus, ils partent sur le terrain, au contact direct des futurs employeurs et des patients. La formule d’«alternance intégrative», faite d’une judicieuse combinaison de théorie et de stages, permet une employabilité de 97% dans l’année qui suit leur bachelor TRM. C’est la force du domaine santé-social!» s’enthousiasme le responsable de la filière.Les débouchés se divisent en trois: un tiers part vers les hôpitaux publics et universitaires, un tiers dans les cliniques privées et, depuis quelques années, un tiers s’active au sein des cabinets privés de radiologie, tous munis d’IRM.

Métiers connexes

«Aujourd’hui, la tendance est inédite: les TRM trouvent des emplois dans des métiers connexes. Ils se profilent en qualité de spécialistes en applications informatiques, dédiées au fonctionnement des appareils IRM, et se font embaucher par les entreprises constructrices (Siemens, Philips, General Electric, etc.). Ou encore deviennent technico-commerciaux afin de vendre ces appareils complexes dans les hôpitaux, etc. Qui mieux qu’eux connaît les tenants et aboutissants de cette technologie, et de sa pratique?» conclut-il.

«J’attendais avec impatience une telle formation continue»

Trois questions à Hayat El-Begri Talbi, technicienne en radiologie médical e, Service de radiopédiatrie, aux HUG, qui a terminé le CAS en IRM de la HEdS-Genève.

Pourquoi ce CAS? Après plusieurs années d’expérience en radiologie médicale, tant avec des adultes qu’avec des enfants, j’attendais avec impatience une formation continue qui allait me permettre d’élargir mes compétences techniques, diagnostiques et humaines. Tout en formalisant les protocoles sécuritaires en lien avec l’évolution technologique constante des IRM.
Comment se déroule cette formation? Elle est construite de cinq modules, soit la palette complète de notre travail quotidien en IRM: théorie générale, ostéo-articulaire et neurologie, sécurité et produits de contraste, coeur et vaisseaux, oncologie. Je me suis trouvée  une douzaine de collègues à confronter nos manières de travailler, de prendre en charge les patients. Et pouvoir procéder à des simulations dans une salle équipée et dédiée à cette formation est un plus.
Que vous apporte cette formation? Clairement à améliorer ma pratique, par exemple la conduite à tenir en cas d’urgence, d’allergie aux produits de contraste. Et travailler en groupe, parler en public, s’ouvrir l’esprit sur ce qui se passe ailleurs ne s’improvise pas!

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