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À Genève, un projet pilote permet à des adultes de se former dans la vente

Les adultes de la première volée vont recevoir leurs CFC de gestionnaires du commerce de détail

Eliane Schneider

En janvier 2018, un projet pilote de la Confédération déclenche la possibilité pour les candidats issus des branches de la vente (hormis celles en lien avec la validation des acquis de l’expérience) d’obtenir le CFC de gestionnaire du commerce de détail, par le biais de la formation-examens (article 32 de la formation professionnelle). En dix-huit mois, une dizaine de candidats expérimentés ont mené à bien leurs efforts de formation. «Jusqu’alors, seules quatre branches de la vente (textiles, produits nutritifs et stimulants, consumer electronics et kiosque) permettaient d’arriver au CFC par l’autre voie de qualification, la validation des acquis de l’expérience», rappelle Laetitia Dauzidou-Serventon, conseillère en formationà l’Office pour l’orientation,la formation professionnelle et continue (OFPC) de Genève.

L’inspiration vaudoise

«Lors de la mise en oeuvre de ce projet, notre regard s’est porté sur le canton de Vaud, où cette formation existait déjà, mais uniquement pour les adultes en emploi dans le domaine, explique la conseillère en formation. Adapté aux exigences du bassin genevois, l’échantillonnage se trouve plus ouvert puisqu’il accepte également les adultes sans emploi. Avec la difficulté supplémentaire de trouver des entreprises d’accueil pour la pratique de ces candidats.» Comment transformer ces acteurs en professionnels évolutifs au fur et à mesure des dix-huit mois, sans laisser personne sur le côté? Quel rythme tenir quand se côtoient des professionnels de la vente et des personnes sans emploi, de 26 à 62 ans, quand il s’agit de maîtriser les techniques de vente, d’apprendre le langage du métier tout en distinguant la culture de l’entreprise? L’émulsion a pris. Et bien pris. «Tel un laboratoire, la mixité des candidats de cette volée genevoise fut une première en matière d’andragogie (ndlr: la pédagogie pouradultes)», lance Sébastien Gilliéron, responsable de formation à JeunComm formation, à Lausanne.

Faisabilité du projet

Le suivi individualisé donne toutes ses chances à l’adulte de passer les examens de fin d’apprentissage (les mêmes que les jeunes en formation) et de les réussir. «On analyse la faisabilité du projet tout en rappelant à chacun ce à quoi il s’engage: un véritable investissement en termes de masse de travail. Car ces dix-huit mois, certes financés par l’État, sont impactants professionnellement et personnellement», insiste la conseillère. En effet, un jour de cours hebdomadaire avec rendus de devoirs, un stage de 2,5 semaines, des cours interentreprises et des séminaires de pratique ne s’insèrent pas sans effort dans une vie d’adulte souvent débordante.

Promotion professionnelle

Son employeur l’a rendue attentive aux opportunités de formation. Après un passage à la Cité des Métiers, Sandra Miranda, collaboratrice à plein temps expérimentée mais non qualifiée chez Coop, se retrouve rapidement dans le processus de formation. «J’ai trouvé du soutien. L’aménagement
de mon nouveau jour de congé s’est rapidement concrétisé, admet-elle. Après une scolarité au Portugal, retourner sur les bancs d’école me faisait plutôt envie. Et même plaisir quand je me suis retrouvée dans cette classe pleine de gens si différents, toujours prêts à se soutenir.» Reste que sa légère démotivation, suivant les vacances de Pâques, n’est pas passée inaperçue: enseignants et conseillère en formation l’ont alors épaulée. «En attendant le résultat de mes examens, je dois déjà relever le défi de ma promotion professionnelle qui me fait passer de cheffe de secteur à cheffe de département!»

«Pool Talents»

«La formation continue est une culture d’entreprise et notre «Pool Talents» propose à tous nos employés disposant d’un profil évolutif des plans de formation adéquats. La relève à l’interne, intervient Didier Trottet, gérant de Coop La Praille. C’est un atout pour les employés d’obtenir des titres officiels tels que CFC, brevet fédéral, etc. L’entreprise met d’ailleurs les moyens en matière de formation tout en facilitant les aménagements de temps de travail.» Retour sur investissement. Le projet sera reconduit en septembre 2019. Avec la possibilité de financer à hauteur de 50% le salaire du candidat en formation sur son temps de travail (perte de gain). «À l’instar du domaine de l’horlogerie, si une grande entreprise souhaite qualifier et faire évoluer son personnel de manière globale, l’offre existe», conclut Laetitia Dauzidou-Serventon.

Plus d’infos
www.orientation.ch
et www.citedesmetiers.ch, sous
la rubrique «Formation continue»

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