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Lever de rideau sur les réseaux d’entreprises

Des sociétés mutualisent leurs efforts pour former en commun des apprentis. Et ça marche!

Jennifer Weil

Deux nouveaux réseaux d’entreprises formatrices viennent de naître à Genève, à la faveur de plusieurs mesures adoptées par le Conseil d’État pour stimuler l’apprentissage: une prime de 10’000 francs et la prise en charge des trois premiers mois de salaire de leurs nouveaux apprentis. Actif dans le domaine du recyclage, l’un des réseaux permet au groupe Serbeco, associé à ses deux filiales, de former davantage dans un métier en forte demande: conducteur de véhicules lourds. L’autre réunit le Théâtre Saint-Gervais, le Théâtre du Loup et l’Association pour la danse contemporaine (ADC) pour créer ensemble une place d’apprentissage de techniscéniste, un métier encore confidentiel à Genève malgré le dynamisme culturel local (cinq engagements en 2020). Un apprenti pour trois scènes. Coup de projecteur.

Projet commun

L’équipe du Théâtre Saint- Gervais en est convaincue: former la relève fait partie de sa mission. Mais comment se lancer quand son volume d’activité est trop restreint pour couvrir les exigences d’une formation aussi dense et polyvalente que celle de techniscéniste? Ce professionnel doit en effet être apte à assurer tant l’éclairage et la sonorisation que la vidéo, la construction de décors, le montage, la sécurité et la création d’effets spéciaux. Quand Thomas Hempler, qui a participé à la création du CFC en 2011, prend la direction technique de ce théâtre contemporain, l’ambition revient sur le devant de la scène: «Nous regrouper avec d’autres lieux de représentation partageant le même objectif semblait être la solution. Nous nous sommes rapprochés de deux institutions avec lesquelles nous avons l’habitude de travailler.» Le premier acte est écrit. S’ensuivent des contacts réguliers avec l’Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC) de Genève afin de formaliser le projet: distribution des rôles, formation des formateurs, rédaction du contrat.

Aventure humaine

Lors des auditions pour dénicher le futur apprenti, le coup de coeur pour Vahid Gholami, réfugié politique à Genève depuis six ans, est collectif. «Passionné de musique, DJ avec expérience de la scène, créatif et touche-à-tout, il a toutes les qualités requises», s’enthousiasme Thomas Hempler. Celui qui embrasse une formation visiblement sur mesure entame son cursus dans son entreprise principale, où il doit déjà apprivoiser deux salles de spectacle et d’autres espaces répartis sur neuf étages. «Ensuite, nous avons organisé les présences de Vahid dans l’une ou l’autre structure en fonction des spécificités techniques des événements à l’affiche en résonance avec le plan de formation», explique le formateur. Le but? Offrir le cadre de formation le plus qualitatif et exhaustif possible. «Travailler sur des plateaux différents, avec des configurations et des équipements variés, développe l’adaptabilité nécessaire à ce métier. Et
collaborer avec plusieurs équipes et de nombreux artistes nationaux et internationaux étoffe les contacts professionnels. Enfin, nous utilisons les aides financières octroyées pour augmenter le salaire de notre apprenti et lui permettre de suivre sa formation le plus sereinement possible», conclut Thomas Hempler.

«Former en réseau n’est pas plus compliquéque devenir entreprise formatrice»

Trois questions à Frédéric Clerc, collaborateur au service de la formation professionnelle à l’Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC) à Genève.
En quoi les petites entreprises sont-elles concernées par la formation en réseau? Par manque de temps, de structure ou d’activité, les entreprises de petite taille ne peuvent pas toujours assurer l’éventail de la formation d’un apprenti. La mise en réseau leur offre une solution.
Quelles sont les étapes clés pour se lancer? Après en avoir constaté la nécessité, il faut trouver des partenaires capables de compléter la formation. Puis établir une convention de réseau en collaboration avec l’OFPC.
Est-ce compliqué? Pas plus que devenir entreprise formatrice! Le gros du travail est dans la négociation avec les partenaires, pas dans les démarches administratives. Les entreprises intéressées peuvent compter sur notre soutien.

Infos: citedesmetiers.ch, sous la rubrique «Entreprises», interface@etat.ge.ch, tél. 022 388 44 71

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