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Commissaires et experts, des partenaires indispensables au service des apprentis

Ces acteurs-clés oeuvrent pour assurer la qualité de l’encadrement et de la formation pratique prodiguée en entreprise

Par Joëlle Rebetez

La surveillance de l’apprentissage est garante du bon fonctionnement du système de formation professionnelle. Mais de quoi s’agit-il exactement? «Ce dispositif est indissociable du développement de la qualité de la formation pratique en entreprise, explique Sophie Egger Genoud, adjointe au service de la Formation professionnelle à l’OFPC. Sur le terrain, la surveillance est assurée par des commissaires qui effectuent des visites chez les employeurs afin de détecter les apprentis en difficulté et d’identifier les formateurs qui auraient besoin d’un soutien dans l’exercice de leur mission.»

«Des situations qui peuvent arriver, intervient Erwin Fischer, directeur de la Formation professionnelle à l’OFPC. Dans ce cas, grâce au lien établi avec le jeune, le commissaire peut rapidement informer le conseiller en formation de l’OFPC et agir comme médiateur entre les différentes parties.»

Favoriser le dialogue

Le rôle de commissaire tout comme celui d’expert aux examens de fin d’apprentissage est souvent endossé par des professionnels du terrain. Marc Jeanneret, dentiste et ancien responsable de filière pour la profession d’assistant dentaire CFC au Centre de formation professionnelle santé et social (CFPSS), connaît la formation duale comme sa poche.

Il faut dire que le spécialiste est également actif depuis quarante-cinq ans en tant qu’expert et trente-cinq en tant que commissaire. Et ceci, toujours avec le même entrain. Avantages de cette double casquette? Etre au fait de la réalité de l’enseignement prodigué en entreprise et créer des liens avec les apprentis. «C’est un plaisir de travailler avec les jeunes, explique celui qui accompagne en moyenne cinq candidats par année. J’apprécie avant tout de transmettre mon savoir-faire, en cherchant constamment à m’adapter à mon public.» Pour instaurer un espace de dialogue avec les futurs professionnels de la branche? «Sans aucun doute, s’exclame Marc Jeanneret. Ils constitueront bientôt les maillons forts de notre réseau.»

Sur le terrain

Hervé Plantard, commissaire, expert et maître de cours pour la profession de constructeur métallique raconte la dernière visite qu’il a effectuée: «Il s’agissaitd’une rencontre standard organisée avec une apprentie de deuxième année. Nous avons fait un petit tour d’horizon sur son environnement de travail et avons vérifié ses objectifs de formation pratique.» L’apprentie jouissant d’excellentes conditions d’apprentissage, Hervé Plantard a pu consigner les résultats positifs de la visite dans un rapport qu’il a adressé à l’OFPC.

Marie Aumeunier, elle, est commissaire pour la profession d’assistant socio-éducatif. Elle décrit la visite dans l’entreprise comme «une occasion de discuter des relations de travail de l’apprenti, de ses résultats scolaires et de sa stratégie de progression pour arriver le plus serein possible aux examens.» Gaël Ecuyer, apprenti de première année à la FASE est l’un de ceux qu’elle accompagne. Il considère sa commissaire comme «un appui extérieur neutre. Je sais qu’elle est là et que je peux compter sur elle.»

Evolution des exigences

Marc Jeanneret concède que cinquante années au service de la formation professionnelle lui ont permis de suivre l’évolution des exigences en matière de surveillance. «La visite en entreprise s’est institutionnalisée, note le dentiste. Aujourd’hui, chaque apprenti rencontre son commissaire au moins une fois par année, deux visites étant prévues pour les apprentis de première année.» Ce dispositif garantit une équité de traitement et un taux de réussite plus élevé aux examens.

On compte actuellement 399 commissaires actifs à Genève. Ils sont désignés par le Conseil d’Etat pour quatre ans et suivent un cours de base de quatre heures avant d’entamer leur mandat.

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